L’Université Antonine a tenu, sur son Campus de Hadat–Baabda, un événement scientifique et institutionnel dédié à l’excellence en recherche le 20 janvier 2026, intitulé « Soutenir l’excellence en recherche : codirection de thèse et stratégies de publication au sein d’un monde en mutation ».
Organisé sous l’égide du Vice-rectorat à la recherche (VRR), cet événement a rassemblé des dirigeants académiques, des chercheurs ainsi que des étudiants de cycles supérieurs et des doctorants, issus de l’UA et d’autres établissements d’enseignement supérieur. Ils ont été rejoints par des partenaires nationaux et internationaux, conviés en qualité d’intervenants et de panélistes.
L’événement a constitué une tribune d’échange pour débattre du renforcement de la qualité et de l’impact de la recherche, et a été ponctué par trois moments clés :
- le lancement officiel par l’UA du programme de bourses pour études doctorales en codirection ;
- la signature d’un protocole d’accord (MOU) entre l’UA et le Conseil national de la recherche scientifique – Liban (CNRS-L) ;
- un panel de discussion de haut niveau consacré aux stratégies de publication scientifique les plus contemporaines, dans un contexte académique en perpétuelle et rapide évolution.
Lancement d’une initiative doctorale stratégique
La séance inaugurale a été conduite par le Pr Antoine El Samrani, Vice-recteur à la recherche, qui a officiellement annoncé le programme de bourses pour études doctorales en codirection. Dans son allocution, il a mis en exergue la vision stratégique de l’UA, qui ambitionne de renforcer les capacités de recherche par le biais de la coopération internationale, érigeant la codirection en pilier d’une excellence académique pérenne.
Il a notamment précisé que la « codirection doctorale, telle que promue par l’Université Antonine, constitue le cœur de l’expertise institutionnelle et représente un investissement à long terme dans la formation des chercheurs de demain, tout en favorisant une production scientifique éthique, de haute qualité et à fort impact. »
Renforcement de la coopération nationale et internationale
Mme Isabelle Picault, Conseillère adjointe de coopération et d’action culturelle à l’Ambassade de France, et le Dr Chadi Abdallah, Secrétaire général et Directeur de recherche au CNRS-L, ont tous deux souligné leur engagement commun en faveur de la coopération académique internationale et de la recherche collaborative.
Mme Picault a renouvelé l’expression de son soutien constant à l’UA, mettant en relief son rôle de partenaire clé de l’Institut français et sa contribution active à des programmes tels que CEDRE, de même qu’à un éventail d’initiatives de coopération institutionnelle.
De son côté, le Dr Abdallah a insisté sur l’importance de la coordination à l’échelle nationale, déclarant que le « renforcement des capacités de recherche, par le biais de partenariats universitaires robustes, demeure indispensable pour garantir la qualité des travaux de recherche et assurer un impact national significatif ».
La vision de l’UA pour une recherche durable
Dans son discours, le R.P. Michel Saghbiny, Recteur de l’Université Antonine, a exposé la vision stratégique de l’UA en matière de développement d’une culture de la recherche à la fois pérenne et crédible. Il a souligné que la production scientifique doit s’enraciner dans l’intégrité et la collaboration pour servir efficacement la société.
Il a affirmé que « l’Université Antonine promeut une vision de la recherche structurée et crédible, étayée par des cadres institutionnels clairs, l’intégrité et un engagement à long terme envers une production académique de haute qualité et à fort impact, nourrie par une coopération étroite avec les partenaires nationaux et internationaux, au service de la société et de l’avancement des connaissances ».
Un accord institutionnel historique
L’un des moments décisifs de l’événement a été la signature d’un protocole d’accord (MOU) entre le CNRS-L, représenté par le Dr Chadi Abdallah, et l’Université Antonine, représentée par le R.P. Michel Saghbiny.
Cet accord historique ouvre de nouvelles perspectives aux deux institutions pour mutualiser leurs expertises scientifiques au sein de projets de recherche collaboratifs, tant à l’échelle locale qu’internationale.
Repenser la publication scientifique
La rencontre s’est conclue par un panel de discussion de haut niveau, modéré par le Dr Jean-Noël Baléo, Directeur régional de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) au Moyen-Orient. Ce panel a réuni d’éminents chercheurs issus du monde académique et scientifique, reconnus dans leurs domaines respectifs : la Pre Karma El-Hassan, le Pr Maher Abboud et le Pr Walid Marrouch.
Le Dr Baléo a introduit la discussion en observant que, si l’innovation technologique et les nouveaux modèles éditoriaux redéfinissent la publication scientifique, les indicateurs traditionnels et la culture du « publier ou périr » compromettent souvent la créativité, l’interdisciplinarité et l’impact social.
La Pre El Hassan, Professeure de psychologie de l’éducation, mesure et évaluation à l’American University of Beirut (AUB), a approfondi la question des publications en sciences humaines et sociales, établissant un contraste entre les standards internationaux et ceux qui prévalent dans le monde arabe. Elle a plaidé pour une diversification des formats de publication ainsi que pour le multilinguisme, mettant en avant la nécessité de concilier visibilité internationale et pertinence sociétale locale pour garantir une production scientifique à la fois crédible et porteuse de sens.
Le Pr Abboud, Doyen de la Faculté des sciences à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ), a affirmé qu’au milieu du chaos éditorial et face aux limites des métriques purement quantitatives, l’évaluation de la recherche scientifique au sein du corps académique doit être fondamentalement repensée. Il a prôné l’adoption d’un cadre éthique et inclusif qui valorise l’innovation, l’interdisciplinarité et l’impact sociétal en tant que véritables mesures de la contribution intellectuelle.
Le Pr Marrouch, Professeur d’économie et Doyen associé des études supérieures et de la recherche à la Lebanese American University (LAU), a mis en lumière les défis que pose la diffusion de l’information à l’ère de l’intelligence artificielle. Il a insisté sur le fait que la mission de l’université transcende la simple transmission de contenus ; elle doit cultiver le jugement humain, le raisonnement critique et la responsabilité éthique. Il a de surcroît relevé le besoin pour les universités d’institutionnaliser l’expertise du jugement humain afin d’évaluer la véritable qualité et d’orienter un usage responsable des connaissances.
Le panel a suscité un échange dynamique avec l’auditoire, abordant tant les défis que les opportunités qui façonnent la publication scientifique contemporaine.
Un engagement pour une recherche à impact
À travers cette initiative, l’Université Antonine réaffirme son engagement à favoriser un environnement de recherche rigoureux, éthique et ouvert sur l’international. En renforçant la formation doctorale, en encourageant le dialogue scientifique de pointe et en établissant des partenariats stratégiques, l’UA poursuit son œuvre de rayonnement de la recherche, apportant des réponses aux défis académiques actuels tout en marquant de son empreinte la société et la production des savoirs.