Université Antonine (UA)

  • l’UA fête ses 23 ans et se questionne : quel avenir le Liban offre-t-il aux nouvelles générations ?

    14 mai 2019
    Le 13 mai 1995, le père Louis Rohban posait la première pierre de l’Université antonine avec la ferme intention de contribuer au développement de la société libanaise en accompagnant la jeunesse dans la construction de ses savoirs. Vingt-trois ans plus tard, avec ses 3700 étudiants répartis sur tout le territoire via des centres névralgiques à Hadat-Baabda, Zahlé et Mejdlaya, l’université est devenue un membre incontournable du paysage universitaire libanais.

    Pour célébrer ce jour important, le père recteur Michel Jalakh a convié, le 14 mai dernier, au monastère Notre-Dame des Semences, d’importantes figures de l’éducation et de la politique, les membres de la communauté antonine, les amis de l’université ainsi que des membres du corps académique et administratif de l’UA.

    Cette soirée fut l’occasion pour le recteur de partager, avec ses pairs, son analyse du panorama universitaire actuel et sa vision du futur afin de répondre à la question au cœur de toutes les réflexions: « entre exigence de qualité et défis du marché, comment se porte l’enseignement supérieur au Liban ? » Autrement dit : « Quel avenir se propose-t-on d’offrir aux nouvelles générations ? », car la préoccupation est réelle tant pour les acteurs du monde universitaire que pour les parents des jeunes en âge de se former.

    Retour sur les années 1990, cette période charnière au sortir de la guerre qui a posé les jalons du paysage universitaire tel que nous le connaissons aujourd’hui. Cette époque a vu l’émergence de la marchandisation de l’éducation et la multiplication des établissements d’enseignement à but lucratif, compliquant de ce fait toute tentative de réforme nationale de l’Université dans son ensemble. Si la recherche du profit n’est pas un motif de condamnation, elle appelle toutefois à l’instauration de nouvelles normes afin que les considérations de rentabilité ne l’emportent pas sur tout le reste, comme le relevait père Jalakh dans son allocution.

    La tâche à accomplir n’est cependant pas aisée : la société a des attentes parfois contradictoires, la situation politique est épineuse, l’économie capricieuse et le marché du travail tant local qu’international en constance évolution. Mais si les universités libanaises ne sont pas des agences de planification du marché du travail, comme le voudraient du reste certains parents, elles n’ont pas pour autant baissé les bras. Malgré l’absence d’indicateurs, elles continuent, année après année, à se battre pour développer des spécialisations en adéquation avec le marché, tout en palliant le manque de financement de l’État.

    Hier, pionnier en matière d’institutions universitaires dans la région, l’enseignement supérieur libanais incarne, aujourd’hui encore, l’excellence, l’initiative et la créativité dans le monde arabe. Toutefois, pour assurer la pérennité et l’attractivité du pôle académique libanais, il est impératif que l’État fasse son introspection et agisse en conséquence pour venir à bout des problèmes le plus pressants, à savoir : la difficulté d’accès des jeunes à l’enseignement supérieur, le manque de transparence du marché du travail et le clientélisme qui en découle inévitablement, ainsi que le haut taux de chômage ; car en l’état, l’émigration semble inévitable du point de vue de nos jeunes.
    De son côté, l’enseignement supérieur lui-même doit s’attaquer à ses faiblesses ; soulignons, par exemple, la mauvaise répartition des étudiants entre les différentes filières, la maigre contribution de l’enseignement supérieur à la mobilité démographique et au progrès social, tout comme la concurrence incontrôlée des institutions entre elles.

    Une autre question pose également problème, celle de l’absence de contrôle qualité relative à l’offre universitaire. Telle une épine calcanéenne, elle freine les universités dans leur élan et leurs ambitions. Pour y remédier, ces dernières font appel à des agences étrangères d’accréditation afin de maintenir, voire renforcer, leur réputation et rassurer leurs étudiants quant à la qualité de leurs services et programmes. Or, comme le soulignait père Jalakh dans son discours, l’accréditation est à la fois une opportunité et un piège. Dans sa volonté d’uniformiser la qualité de l’éducation, ce système tend finalement à la stéréotyper et à lui ôter son authenticité locale ; apparaît alors la question légitime de la place de la diversité et du pluralisme dans l’enseignement supérieur. D’où la nécessité pour nos institutions supérieures d’exiger la mise en place d’une commission nationale pour l’assurance qualité, autrement dit « un interlocuteur local, efficace et honnête dont la neutralité contribuerait de manière positive et impartiale à la critique et au développement »*.

    La question de la recherche, quant à elle, est telle l’épée de Damoclès, suspendue au-dessus de nos têtes. Il est grand temps de suivre le mouvement planétaire qui régit désormais tout et innover. Innover pour ne pas disparaître. Innover surtout pour « participer activement à l’écriture de l’avenir, en contribuant à la production du savoir et au développement des technologies »*. Et là encore, en dépit de quelques initiatives remarquables de certains pays riches de la région, le monde arabe dans son ensemble est à la traîne. Quant au Liban, il manque cruellement de ressources financières pour devenir réellement actif en matière de recherche scientifique. Une piste à creuser serait de rapprocher l’Université de l’industrie. Financement contre recherche ; dans cette équation, chaque partie apporterait à l’autre ce dont elle a besoin pour rester compétitive.

    Et quid de l’Université Antonine ? Dans ce contexte pour le moins compliqué, l’UA garde le cap sur sa mission et mise sur ses points forts. Aussi a-t-elle opté, côté orientation, pour la recherche contextualisée, c’est-à-dire liée à notre civilisation et nos traditions comme en témoignent, entre autres, le Centre de recherche sur les traditions musicales (CRTM) qui travaille sur l’Orient musical ou encore le Centre de recherche euro-méditerranéen en art et communication (CREMAC) qui s’est penché sur les problèmes de communication de la région méditerranéenne, sans oublier la Faculté d’Ingénierie qui apporte sa contribution active en matière de e-health, cybersécurité, etc. Ainsi tout en gardant un œil sur les derniers développements à l’international, l’Université Antonine reste en phase avec le microcosme libanais et tente de combler les besoins qui lui sont propres.

    * Pour lire le discours du père recteur Michel Jalakh, cliquer sur le lien (ENG/FR/AR).
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